Habiter bon marché en station

Lancement d’un projet de logements coopératifs sur le Haut-Plateau / Crans-Montana

Un 3,5 pièces de 75 m2 à Randogne / VS pour un loyer de 1300 francs. C’est un des exemples donnés par la Régie du Rhône et la société Sorenova SA, active dans la rénovation, la construction et l’expertise de bâtiments, pour présenter un projet de logements coopératifs. Le principe est d’offrir des résidences principales à loyers abordables pour renflouer la population du Haut-Plateau à l’année. Au total, ce sont 30 appartements de 1,5 pièce, 2 pièces et 3,5 pièces sur la commune de Randogne qui sont mis à l’enquête. La construction est prévue dès le printemps 2015.

Comment ça fonctionne?

Le modèle des sociétés coopératives d’habitation est bien connu dans les villes, comme Lausanne, Genève ou Zurich ou la pression sur les prix des logements est forte. En général, il s’agit d’habitants qui se regroupent pour former une coopérative, acquérir un immeuble et l’occuper. Sur le Haut-Plateau, le projet est porté par deux sociétés actives dans l’immobilier. Une première en station et un modèle qui semble avantageux pour toutes les parties.

Pour le locataire avant tout, qui bénéficie d’un appartement à prix réduit. En louant un bien, sa garantie de trois mois de loyer sert à l’acquisition de parts sociales, qui lui sont remboursées quand il quitte le logement. Le locataire devient ainsi coopérateur et prend part à l’assemblée générale de la société. Le but de ces logements participatifs est d’éviter la spéculation en maintenant les parts sociales de la coopérative à leur valeur fixe de départ.

Pour la bourgeoisie de Montana , propriétaire du terrain sur la commune de Ran dogne, la construction de ces logements est également favorable. Pour ce projet, la bourgeoisie octroie un droit de superficie aux deux sociétés pour 99 ans. « L’avantage pour nous est de rester propriétaire du terrain, tout en percevant les rentes de la location chaque année. Le louer pour des logements coopératifs ou à des privés nous reviendrait au même. Mais il faut se rendre à l’évidence, nous vivons une petite crise immobilière, ça aurait été difficile de trouver un privé pour ce terrain de 3300 mètres carrés » , explique Stéphane Rey, président de la bourgeoisie de Montana.

Mais qu’ont à gagner la Régie du Rhône et Sorenova SA de ces logements coopératifs à but non lucratif? « Nous touchons juste les honoraires liés à la construction et à la gérance des biens. Mais en dehors de ça, il s’agit surtout d’un bénéfice en termes d’image pour la Régie du Rhône et notre société. De plus, nous nous profilons sur le marché de la location du Haut-Plateau, ce qui va à long terme dynamiser la station, attirer plus de monde et profiter à l’ensemble du marché de l’immobilier » , affirme Régis Kamerzin, directeur de Sorenova SA. Il fait par ailleurs partie des sept coopérateurs de base du projet avec des membres de la Régie du Rhône. Pour Lucien Barras, directeur de l’association Altitude 1400, ces logements coopératifs « sont une alternative intéressante à la promotion immobilière, basée jusqu’ici sur l’augmentation de valeur des biens. » « Ce ne sont pas des lits froids qu’on transforme en lits chauds, mais c’est une démarche complémentaire pour faire vivre la station à l’année » , affirme-t-il.

Article paru dans Le Nouvelliste le 22.10.2014