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La Tambourine

Géré par notre régie, voici le tout premier ensemble locatif répondant aux nouvelles dispositions LUP (Logements d’Utilité Publique). Sa qualité et ses dimensions permettent une expérience pilote en grand, et même en très grand. Réalisation exemplaire et vaste sujet, la Tambourine mérite un dossier approfondi.

La Tambourine : un modèle !

Le 9 septembre, chaleureuse fête de quartier au Square Tambourine, sur les hauteurs de Carouge. Le conseiller d’État Mark Muller inaugurait deux remarquables immeubles de 70 logements chacun. Des immeubles pilotes qui matérialisent, pour notre canton, un tournant social. À Genève, ils sont les tout premiers construits selon les nouvelles dispositions LUP (Logements d’Utilité Publique).

 Fête de quartier Square Tambourine Mark Muller

Succès flagrant

Inauguration tardive ? Les locataires avaient pris possession des 140 logements dès le mois de juin. La lune de miel résidentielle confirme la pertinence de l’objectif : celui d’une mixité sociale réussie. Dans son discours, Mark Muller a insisté à cet égard sur la nouvelle politique du logement née de l’accord historique signé le 1er décembre 2006 par l’ensemble des acteurs concernés. [Elle est aujourd’hui] ancrée dans la Loi pour la construction de logements d’utilité publique votée sans opposition par le Grand Conseil en mai 2007.

 Logo Fondations Immobilières de Droit Public

Propriétaire des immeubles, la Fondation de droit public Emma Kammacher avait sélectionné les candidats locataires parmi des familles dont les revenus allaient du très modeste au moyen selon les critères déjà appliqués aux HBM. Dûment entérinée par l’Office du Logement, la liste fut transmise à la Régie du Rhône.

 Marie-Claude Gevaux À la barre du grand paquebot

Dans notre métier de régisseur, la réussite partielle est un échec, remarque Marie-Claude Gevaux, directrice du département de Gérance à la Régie du Rhône. Cependant, les difficultés ne manquaient pas. En tête : la taille du paquebot. Ne croyez pas qu’il soit banal de gérer la mise en route de 140 appartements neufs, et pour des occupants aussi dissemblables — mixité oblige ! Tout allait pourtant s’accomplir sans la moindre anicroche.

Pour y parvenir, les séances préparatoires ont largement dépassé le rythme hebdomadaire que nous avions d’abord fixé, et sans préjudice des séances bimensuelles avec le propriétaire, la Fondation Kammacher, et l’architecte, Pierre-Alain Renaud.

Lise Grange Chaque détail est crucial

Forts de notre expérience sur d’autres grands immeubles, nous avons aligné une équipe elle-même renforcée. Pour les portes ouvertes hebdomadaires et les visites préalables, pas moins de 7 spécialistes étaient sur place. À n’en pas douter, les baux nous ont beaucoup occupés : 280 au total, un par appartement, un par garage. L’état des lieux également : 140 inspections pointilleuses. Faut-il détailler l’organisation de la gestion comptable ? c’est un volet un peu trop technique. Revenons plutôt à Carouge où l’afflux de nouveaux habitants, en particulier d’enfants, a exigé un travail commun avec les instances municipales.

Tout ce travail s’est prolongé des mois durant, souligne pour sa part Lise Grange, fondée de pouvoir en charge des promotions et mises en valeur. Il devait aboutir à la réalisation du programme d’emménagement. Oui, programme ! car il n’était pas question d’accueillir le même jour une armada de 140 camions. Nous avons donc alloué des plages successives à chaque locataire et chaque allée, le tout étendu sur une quinzaine. Pendant cette “fourchette d’entrées” aucun loyer ne fut perçu.

Bonne marche permanente

Et le concierge ! ne l’oublions pas. Il représente un rouage essentiel de la réussite au jour le jour. Celui de la Tambourine s’appelle Arthur Ferreira-Marques. Pour lui aussi, la taille de l’ensemble représentait une gageure. Il a donc complété son expérience déjà riche par une série de cours auprès des Fondations de droit public. Le voici à la barre. Ses passagers sont aussi les nôtres : 140 familles venues de tous les horizons économiques, professionnels et géographiques. Pour eux, un tel habitat, à de telles conditions et dans un tel environnement représente une chance inouïe.


LUP : la solution durable

 Mark Muller LUP ! Une solution voulue à l’unanimité… et un acronyme prononçable. En quoi ce programme LUP et la construction d’un ensemble locatif tel que le “Square Tambourine” constituent-ils un progrès ? s’interrogeait Mark Muller lors de son discours inaugural. Contrairement aux HLM, [les LUP] restent des logements sociaux pendant toute leur existence… Ils ne deviennent pas des logements libres après 20 ou 25 ans. Ce changement nous évite d’avoir à reconstituer en permanence le stock de logements sociaux… Dorénavant, chaque fois que nous mettrons un logement d’utilité publique sur le marché, nous augmenterons, de manière durable, voire définitive, le nombre de logements sociaux.

Bien ! mais quel nombre ? L’objectif est d’atteindre en dix ans 15% du parc locatif genevois, soit quelque 30 000 logements. Il implique un crédit cantonal d’investissement de 300 millions. La pénurie de logements est à son comble, faisait remarquer le conseiller d’Etat dans un article du Temps, et une partie de la population a besoin d’aide au logement. Pour inventer des solutions, mieux vaut pacifier les tensions et privilégier une approche consensuelle. C’était toute l’ambition de l’accord que je me suis employé à faire accepter en décembre 2006 tant par les milieux immobiliers que par les associations intéressées.

Plusieurs actions de l’État, des communes et des fondations de droit publique (mais avec dotations de l’État) ont démarré ou vont démarrer, certaines très importantes, tant pour la construction, que l’achat de logements et l’intégration d’immeubles HBM existants.

Pertinente mixité sociale

Les deux immeubles du Square de la Tambourine sont propriété de la Fondation Emma Kammacher. Quatre fondations d’habitations bon marché (HBM) gèrent 6000 logements dans 12 communes du canton de Genève. La Fondation Kammacher en détient 1500 auxquels s’ajoutent désormais les 140 de la Tambourine.

Jacques Béné, son président, a lutté pour l’extrême mixité sociale qui règne à la Tambourine : revenus différents pour le même type d’appartement grâce à des loyers diversifiés, disparité des âges, des professions et des origines.

Jacques Béné On m’avait annoncé qu’une telle disparité de loyers est source de tensions, nous dit-il. Mais n’est-elle pas habituelle dans le secteur libre ? En vérité, l’expérience prouve le contraire. Genève possède quelques secteurs réputés cossus. Il n’empêche que la fracture sociale apparaît moins flagrante que dans beaucoup d’autres villes. La plupart des quartiers panachent des familles venues de tous les horizons. Sans tomber dans l’angélisme, force est de constater qu’en règle générale, elle se passe bien. Dans de nombreux cas, elle peut devenir source de rencontres, de compréhension et de tolérance… donc de sécurité. Elle retentit sur l’avenir de la jeune génération. Reste à appliquer cette mixité à l’échelle d’un immeuble. La Tambourine représente notre expérience extrême et notre référence pilote.

Réussite architecturale

Un concours fut lancé en 2003. Parmi les six candidats retenus en pré-qualification, l’agence Pierre-Alain Renaud architectes, a reçu le mandat. M. Renaud souligne les contraintes venues d’un urbanisme déjà dense, tant pour les gabarits que la volumétrie et l’alignement. Cependant, à l’intérieur de ces contraintes, il a su mettre à profit une grande latitude de création qui a conduit à une appréciable élégance extérieure et à des logements où il fait bon vivre. La typologie répond à l’attente des familles : espaces traversants, récupération des espaces de distribution, liberté de cloisonnement laissée au locataire, grands vitrages partout et baies totales au sud-ouest et nord-est, balcons aux éléments coulissants.

 Visuel tambourine

 Site Web Pierre-Alain Renaud Architectes SA