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Le Verger de Champlong, une coopérative modèle à Chancy

Le verger de Champlong offre un parfait exemple d’une coopérative de logements réussie. Du projet à l’installation de ses habitants, en passant par sa promotion, l’e-mmobilier.ch revient sur les étapes qui ont permis d’aboutir à cet ensemble de 36 appartements. M. Michael Mayer, l’architecte, Mme Caroline Plan, de la Régie du Rhône, et Mme Valérie Froelicher, résidente et membre du comité de gestion nous servent de guides.

Du projet à la réalisation

Michael Mayer En 1996, l’architecte Michael Mayer est mandaté par le propriétaire de deux parcelles à Chancy pour en étudier les possibilités de valorisation. Les terrains, d’une superficie de 6’422 m2, se trouvent en zone de développement . Le projet prévoit la construction de 3 immeubles de logements avec un parking en sous-sol et la rénovation d’une ferme délabrée qui a été classée « bâtiment historique ». Les appartements, en accord avec le Département des Travaux Publics (DTP), doivent être vendus en PPE. Mais, suite à un changement à la tête du DTP (M. Laurent Moutinot remplace M. Philippe Joye), il est exigé que les deux tiers des bâtiments construits soient des HLM.

Le projet doit alors être revu.

En 2003, devant trouver une nouvelle solution, Monsieur Mayer s’associe à un autre bureau d’architectes, Estravaganza SA, de M. Ezio Carsana, au bureau d’ingénieurs civils Bernard Ott et Claude Uldry, ainsi qu’à la Régie du Rhône SA. Ces nouveaux partenaires décident la fondation de la coopérative d’habitation « Le Verger de Champlong ». Ce système, selon M. Mayer : « se situe à mi-chemin entre une PPE, où l’on achète un bien, et une location. Les futurs habitants ne sont pas copropriétaires de leur appartement mais sont plus que des locataires. Ils sont partie prenante de sa gestion. »

En 2004, l’autorisation de construire est obtenue.

Comme le village de Chancy est protégé, toute la réalisation est soumise au contrôle de la Commission des Monuments, de la Nature et des Sites. Les 3 immeubles doivent s’intégrer à l’architecture locale. M.Mayer nous explique comment il y est parvenu: « la façade côté jardin s’organise autour d’un ensemble coursive-balcon avec une verticalité donnée par la cage d’escaliers et l’ascenseur. Elle se démarque du reste de l’immeuble et de l’autre façade. Le mélange métal/bois donne un beau rendu visuel et évite les cages d’escaliers un peu brutes et sans âme. Le bois correspond bien à la localisation rurale. »
Les travaux s’achèvent en novembre 2005.

La mise en location des immeubles

Caroline Plan « La mise en location a commencé au début de l’année 2005. En juin déjà, 37 appartements avaient trouvé preneur. Ceux situés au rez-de-chaussée, qui s’ouvrent sur des petits jardins privatifs, ont été spécialement recherchés », raconte Mme Caroline Plan, responsable de la mise en location de cette opération à la Régie du Rhône.

« Puisqu’il s’agit de logements subventionnés, poursuit-elle, les locataires potentiels doivent correspondre aux critères d’attribution HLM, tout en ayant les moyens de souscrire aux parts sociales de la coopérative .»

En effet, la possibilité de devenir coopérateur est liée à l’achat de parts sociales qui s’élevaient, pour le Verger de Champlong, à 17’000 francs pour un 4 pièces. Un montant sur lequel le coopérateur perçoit un intérêt annuel. L’utilisation du deuxième pilier est autorisée par la loi.

Les avantages du statut de coopérateur sont nombreux : participation à la gestion de l’immeuble aux côtés du Conseil d’Administration de la Coopérative et de la régie, remboursement du montant des parts sociales en cas de départ, transmission possible, sous certaines conditions, aux héritiers, montant des loyers favorable à la fin des 25 années de contrôle étatique et surtout, en cas de dépassement du niveau des revenus, impossibilité de voir son bail résilié.

En définitive, les coopérateurs jouissent d’avantages similaires aux propriétaires d’une PPE, sans avoir à investir de trop grandes sommes.

La gestion aux habitants

Toutes ces raisons ont poussé Mme Valérie Froelicher à devenir membre de la coopérative du Verger de Champlong. Sans fonds propres pour devenir propriétaire et avec des moyens limités pour payer un loyer libre, le système de coopérative lui est apparu comme une excellente solution. Le deuxième pilier de son mari leur a permis de s’acquitter des parts sociales et d’accéder à un HLM.

La disposition en duplex de l’appartement et le jardin ont fini de convaincre Mme Froelicher. Ravie de son nouveau logement, elle a décidé de s’impliquer dans la coopérative en devenant l’un des trois membres du comité de Gestion. Celui-ci assiste le Conseil d’Administration et la régie dans toutes les situations qui l’exigent. Il est le relais entre la régie et les coopérateurs. Ce comité veille à faire respecter le règlement d’immeuble et gère la salle commune située au-dessus de l’ancienne ferme.

Le Verger de Champlong est le parfait exemple d’une société coopérative d’habitation réussie. Ce système devient de plus en plus populaire puisqu’il permet de respecter le quota de logements subventionnés. Les coopérateurs y trouvent également leur compte en devenant responsables de leur appartement et en pouvant exercer un vrai pouvoir décisionnel.

Signalons, pour terminer, que la Régie du Rhône a participé à la création de nombreuses coopératives ces dernières années en construisant plus de 250 logements sur Genève.