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Stagiaires : la relève prometteuse

Chaque année, et pendant douze mois, la Régie du Rhône accueille de jeunes stagiaires tout juste diplômés de l’École de Commerce. En général, ils se destinent à des études supérieures.

C’est une mission que nous assumons avec beaucoup de sérieux et d’implication. Certes, nous n’entendons pas reprendre l’excellente éducation dispensée dans les écoles de commerce. Cependant, nous souhaitons l’enrichir par une expérience concrète au sein d’une entreprise. Expérience du travail en équipe et des procédures à respecter, mais aussi de l’autonomie, de l’initiative, des contacts multiples dans la vie professionnelle, de la créativité utile…

Notre ambition va encore plus loin. Que nos stagiaires se destinent ou non à une carrière dans l’immobilier, elle veut que nous transmettions une attente motivante de la vie au travail. Sans prétention, nous voulons faire nôtre cette pensée d’Aristophane : « Former les hommes, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu ». Avons-nous réussi ? Interrogeons deux excellents stagiaires : Caroline Carrel et Arnaud Gootschall. Ils ont terminé cet été et avec succès leur passage chez nous.

Caroline Carrel Caroline Carrel

Caroline, vous voici au terme du stage. Pourquoi être venue à la Régie du Rhône ?

Le stage complète mes trois années à l’École de Commerce. J’aurais pu m’arrêter après le diplôme final, car le stage est facultatif. Cependant, il doit ouvrir les portes des Hautes Écoles Spécialisées. En ce qui me concerne, celles de la Haute École de Gestion de Genève.

Je m’intéresse particulièrement au marketing. La régie a répondu à mon attente. Cependant, elle m’a d’abord fait découvrir les métiers principaux qu’elle réunit. C’est la procédure habituelle chez elle. Pendant deux mois, j’ai donc consacré deux jours à chacun des services. Ensuite, j’ai été affectée, comme je le souhaitais, au département du Marketing.

La maturité n’est-elle pas exigée pour l’admission aux HES et HEG ?

Justement ! À l’issue du stage, nous devons rendre un mémoire d’une bonne cinquantaine de pages. Il s’articule sur trois volets : d’abord une description de l’entreprise et un compte rendu du stage. Le troisième volet, le plus important, traite d’un sujet principal, parfois imposé, parfois au choix. Ce travail doit contenir des propositions à l’entreprise : par exemple, un outil analytique ou des suggestions ciblées. Comme l’ensemble du stage, la recherche et les grands axes de la rédaction sont supervisés par deux “répondants” : un cadre de la régie et un professeur de l’école. Si le travail est agréé après la soutenance orale, il nous octroie la “matu” et le sésame pour la HEG.

Proposer des outils à une entreprise bien rodée, n’est-ce pas une gageure ou même une prouesse pour un étudiant ?

Il faut rester modeste. Je soumets une description analytique du Marketing à la Régie du Rhône, ainsi qu’un plan quasi exhaustif sous forme de tableau. Il inclut un examen systématique de chaque tâche. Ce travail peut se révéler utile, par exemple comme description complémentaire de fonctions, ou dans la perspective de nouvelles certifications qualité.

Arnaud Gootschall Arnaud

Même cursus que Caroline Carrel. Stage simultané. Concentrons-nous sur les différences.

Caroline a effectué le principal de son stage au département Marketing. Pour ma part, j’ai été affecté au service des Locations Résidentielles. Mais nous avons effectivement connu des parcours parallèles. Après le diplôme de l’École de Commerce, nous avons commencé par la recherche de l’entreprise hospitalière — elles ne courent pas les rues — et par la rédaction, dans la sueur et le doute, de la meilleure lettre de motivation possible. Et nous avons été choisis : une grande chance !

Quels bénéfices tirez-vous du stage ?

Aujourd’hui, il m’est impossible de les envisager dans leur globalité. Le stage a peut-être changé ma destinée professionnelle et donc ma vie. Précédemment, je n’envisageais qu’une carrière possible : la police judiciaire. Mais l’intermède actif d’une année m’a révélé d’autres voies… dont l’immobilier. J’ai laissé en route un certain apriorisme. Cependant, le bénéfice immédiat me semble ailleurs. Je pense à la construction ou la confirmation de la confiance en soi. Cette confiance, je l’ai sans doute bâtie sur celle que la régie m’a vite accordée, à moi, un bleu de vingt ans. Après quelques mois sur le terrain avec un spécialiste chevronné, elle m’a envoyé au feu. Et seul, en pleine liberté ! Comme critère et comme outil de mon autonomie, elle a fait imprimer mes cartes de visite personnelles. Je l’ai considéré comme un grand encouragement et un honneur.Arnaud Gootschall en tenue de hockey

Ainsi “équipé”, j’ai effectué les prises de contact auprès des locataires potentiels d’un immeuble haut de gamme, souvent dans le milieu des internationaux. Ensuite, j’ai conduit les visites, puis constitué les dossiers de candidature… en un mot, joué mon rôle d’intermédiaire entre le locataire et le propriétaire. N’est-ce pas celui du régisseur ?

Après la soutenance de votre mémoire de fin d’études, projetez-vous, comme Caroline, des études supérieures ?

Bien sûr ! mais aux États-unis si possible. Je conduis déjà une petite carrière de hockeyeur et j’ai réussi à me faire engager dans une équipe du New Hampshire, les « Northern Cyclones. Aux États-Unis, les activités sportives représentent un atout et un tremplin pour l’accès aux universités. Je l’envisage après une année comme sportif professionnel.

Bravo ! Bonne chance, Arnaud ! Bonne chance, Caroline !

Aider les stagiaires

Chaque stagiaire est guidé par un répondant à la Régie du Rhône, un autre à l’école de commerce dont il vient d’obtenir le diplôme. Les répondants insistent sur l’implication personnelle et même le sens de la mission que cette responsabilité suppose.

Livio Antonaci

Professeur à l’École de commerce et au collège.

La direction de l’école peut affecter d’autorité un répondant au stagiaire, mais en général, celui-ci choisit un enseignant avec lequel il se sent à l’aise, indépendamment de la spécialité. Ainsi, je suis professeur de langues, donc éloigné des domaines que les trois stagiaires qui m’ont été confiés veulent détailler. Il va sans dire que le type de relation qui prévalait en classe se trouve modifié. Il devient plus informel malgré l’exigence d’excellents résultats. Certes, j’aide “mes” stagiaires dans leur systématique de travail, mais ils m’ouvrent eux-mêmes des horizons qui m’étaient étrangers. Nous nous retrouvons une fois par mois pour le moins. Je revois leurs notes et leur projet. S’il le faut, j’évite qu’ils ne se dispersent en ciblant avec eux les thèmes pertinents, ainsi que les méthodes de recherche et d’exposition.

Caroline Plan

Attachée de direction au Département Gérance de la Régie du Rhône, Responsable du Service Juridique

Caroline Plan À la régie, je suis “répondante” d’Arnaud Gootschall, le quatrième stagiaire que j’ai guidé en quatre ans. Impressions dominantes : la qualité de chacun et la grande diversité des personnalités, ainsi que des objectifs. Nous tentons de nous adapter à chacun en proposant un champ d’activité dans lequel il puisse s’exprimer au mieux. L’étude préalable des dossiers et le premier entretien m’aident à le déterminer. Certes, il serait plus simple d’affecter le stagiaire à notre domaine de responsabilité, mais sa motivation prévaut. Ainsi Arnaud a-t-il a été pris en charge par un autre service mais j’ai continué à suivre son travail. Au début, il va sans dire que les stagiaires ne savent pas travailler en entreprise. Nous devons leur consacrer le temps nécessaire pour les guider et répondre aux différentes questions. De plus, il convient de leur proposer un “vrai” projet de mémoire final, projet à la fois pertinent et motivant. Simultanément, après la découverte des différents services, nous orientons l’activité professionnelle de l’année. Au cours de la rédaction, nous ne restons pas en coulisses. Il faut encore guider, mais sans imposer. Nous nous sentons impliqués dans son travail final : relecture de son travail, organisation de présentations à blanc de sa soutenance… De tout ce travail Arnaud m’a largement récompensée par son excellent résultat à la soutenance.

Claire-Elisabeth Senti

Fondée de Pouvoir à la Régie du Rhône, Assistante de Direction et responsable du Service Marketing.

Claire-Elisabeth SentiJe voudrais m’exprimer en qualité de répondante de Caroline Carrel, mais aussi de cadre à la Régie du Rhône. Pour nous tous, suivre la formation d’un jeune en entreprise représente un défi exaltant et très enrichissant. Il demande certes un important engagement mais apporte de réelles satisfactions.

A mon sens, envisager l’avenir dans notre domaine d’activités, c’est avant tout donner la chance à des jeunes de pouvoir s’intéresser aux métiers de l’immobilier (même s’ils passent par le Marketing…) et apporter peut-être la première pierre à un édifice solide.

Ma meilleure récompense personnelle, c’est l’implication dont a su faire preuve Caroline dans les tâches qui lui ont été confiées ainsi que son succès et même sa très bonne note à la soutenance du mémoire. Je suis fière de pouvoir ainsi contribuer au partage des connaissances et des expériences acquises au fil du temps.
À mon sens, l’apprentissage, quel qu’il soit, passe par le partage. Si Caroline retenait une seule petite chose parmi toutes celles que je lui ai apprises, alors ma mission sera réussie ! Mais je sais déjà qu’elle en retiendra beaucoup.

Plus que jamais, la régie croit à l’importance de son rôle formateur, et elle entend le poursuivre. Un nouveau stagiaire, Ismael, est déjà dans nos murs. Quant aux anciens, ils nous restent fidèles, ainsi Igor est-il revenu pour l’été, une marque d’attachement particulièrement gratifiante. »

Le stage : expérience et ouvertures

Scolarité et diplôme.

Les trois années d’étude dans une école de commerce sont sanctionnées par le Diplôme de commerce (voir le descriptif – pdf 136 Ko).

Stage

Chaque diplômé de la filière « matu » peut accomplir une année supplémentaire en tant que stagiaire d’entreprise. À la fin du stage, il remet un travail de 50 à 60 pages et le soutient devant un jury. En cas de succès, il obtient la Maturité professionnelle commerciale qui donne accès aux HES SO (Haute École Spécialisée de Suisse occidentale).

Le stage dure 39 semaines au minimum. Certaines entreprises telles que la Régie du Rhône choisissent de l’étendre à une année. Le stagiaire baigne dans le monde du travail. Il n’assiste à aucun cours, mais garde un contact permanent avec un “répondant d’école” qui le suit pendant la durée du stage. Un “répondant d’entreprise” assure une supervision parallèle.

Mémoire

Le mémoire de fin de stage est divisé en trois parties. La première décrit l’entreprise, la seconde le stage. La troisième (et principale) présente les résultats du mandat confié au stagiaire par l’entreprise.

Soutenance

Chaque stagiaire passe une soutenance orale. Le jury est composé de son répondant d’école, de son répondant d’entreprise et d’un expert neutre spécialiste du sujet du mandat. Il est présidé par un professeur responsable ou par le doyen des stagiaires MPC (Maturité professionnelle commerciale).

Sa « matu » en poche, l’étudiant peut entamer des études supérieures dans une HES, ou choisir la passerelle d’une année qui donne accès aux universités.