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Sus au stress !

Pasteur inventa le microbe vers 1860, et Robert Mannyng le stress dès 1303. Il en parle dans son livre Handlyng Synne. Depuis ces tristes dates, microbe et stress se portent d’autant mieux que les humains « entendent ces mots qui disent les maux », selon l’expression du bon Dr Dufour.

Valérie Bouchet, Responsable des ressources humaines Régie du RhôneL’excès de stress représente sans conteste une calamité pour l’humanité souffrante et travailleuse. Comme beaucoup d’entreprises, la Régie du Rhône lui fait une chasse permanente. Selon Valérie Bouchet, Responsable des ressources humaines, « une chasse de tous les diables, car il constitue un grand danger pour l’employé, mais aussi pour l’employeur et, bien sûr, l’assurance ».

« Dès que j’entends parler de problème moral au travail ou même de problème personnel, dit-elle, je suis sur le qui-vive, et je conseille sans tarder une consultation auprès de PMSE. Mais avant de conseiller, il a fallu créer un climat de confiance afin que le signal de détresse remonte jusqu’à moi. La pieuse injonction : “Laissez vos problèmes à la porte de l’entreprise” se révèle illusoire. Les problèmes personnels ne peuvent qu’ajouter aux professionnels. »

Valérie Bouchet insiste sur l’aspect souvent stressant du travail de régisseur. « Nos clients propriétaires et nos clients locataires s’adressent rarement à nous pour confirmer que tout va pour le mieux… et encore merci, la Régie ! La plupart des appels expriment une requête pressante — celle d’un logement, par exemple — ou un problème. Et Dieu sait que les problèmes peuvent abonder dans un immeuble, depuis la canalisation bouchée jusqu’au voisin mélomane. Notre rôle d’employeur veut que nous intervenions avant que les conditions stressantes et le cumul de menus incidents n’affectent nos collaborateurs. Ce rôle est donc avant tout préventif. »

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Stress, mais encore ?

Ne croyons pas à différentes qualités de stress, comme au bon cholestérol opposé au mauvais. Stress signifie “tension” en anglais. Seul le dosage détermine la nocivité. Un peu de tension est réputée nécessaire à l’action et à la performance. Beaucoup entraîne un syndrome d’adaptation et même un trouble psychique le plus souvent léger, mais qui peut aller jusqu’à la dépression ou l’épuisement professionnel : le fameux burnout.

Avant cet aboutissement extrême, l’excès de stress s’exprime par toutes sortes de problèmes, comme l’accélération cardiaque, l’inquiétude persistante, les troubles de sommeil… Il se répercute souvent sur l’état physique : fatigue, douleurs diverses, par exemple certains maux de dos. Au plan professionnel, il peut entraîner beaucoup de conséquences fâcheuses : sentiment de menace et de précarité, diminution de l’efficacité, irritabilité dommageable aux contacts avec les collègues et les clients, absentéisme prononcé…

La dimension humaine

« Dans les grandes entreprises, le DRH est responsable de milliers de collaborateurs, remarque Valérie Bouchet. Je le plains. Comment garder le contact ? Dans notre Régie, je m’occupe d’une bonne centaine de collègues seulement. Mais je les connais tous et je m’en occupe vraiment ; la dimension et le climat le permettent. »

Un tel climat se prépare grâce aux positions venues d’en haut, et reprises par chacun. Il se construit surtout par de multiples dispositions que l’entreprise range parmi les avantages sociaux. Ainsi, la facilité du travail à temps partiel, particulièrement précieuse pour un personnel féminin à 60%. Ainsi, un aménagement personnel de l’horaire qui permet, par exemple, de serrer les 40 heures sur 4 jours et demi. Ainsi les généreuses 5 semaines de vacances modulables à volonté, et qui passent à 6 semaines après 5 ans. Ainsi ce que Valérie Bouchet appelle “l’aide à la mobilité.” En fait, des tarifs préférentiels négociés avec les TPG pour diminuer l’usage de la voiture individuelle. Ils s’inscrivent dans une démarche plus large, et résolument verte. La liste pourrait continuer : prise en charge des primes d’assurance, aides aux loisirs, aides à la promotion professionnelle, programmes de formation interne et externe… « Si vous ne formez pas les gens, ils meurent, affirme-t-elle sans ambages. Ils n’avancent pas et s’étiolent, ou ils vont voir ailleurs. La formation est notre point d’honneur. »

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L’avantage des avantages

Ces avantages divers allègent-ils le stress ? Sans nul doute : par la satisfaction au travail. Mais comment mesurer la satisfaction ? Le climat convivial est un indice, le taux de rotation un critère. Depuis le remodelage complet de l’entreprise, voici une dizaine d’années, et la mise en place d’une politique aussi favorable à l’employé, ce taux s’est effondré. Dans une entreprise où l’on est bien et où les chances de développement sont favorisées, le stress perd des points. La stabilité en gagne, de même l’efficacité, de même le sourire. Ainsi s’instaure le cercle vertueux.