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Yvoy, plus près des étoiles

C’est un projet novateur d’une grande complexité technique que la Régie du Rhône a réalisé au boulevard d’Yvoy. Sur le toit des immeubles récemment rénovés, un nouvel étage tout en bois a été ajouté, permettant ainsi la création de 4 logements.

Film sur la surélévation des immeubles du boulevard d’Yvoy

La rénovation des numéros 31 et 33, deux beaux immeubles des années 40, inscrits au registre des sites et bâtiments, a été très joliment menée. Monsieur Stéphane Guberan, l’architecte en charge de la partie restauration, explique comment l’aspect original a été retrouvé : « La façade a reçu une attention particulière dans son expression. Un traitement lui a été appliqué. YvoyNous avons installé de nouvelles fenêtres en bois adaptées aux exigences écologiques d’isolation. Nous avons également retraité la ferronnerie. Dans les zones communes, l’ascenseur avec sa cabine en bois est identique à son aspect original, les portes palières aussi. »

En plus de l’esthétique, Monsieur Guberan a travaillé sur la stabilisation des édifices en raison de l’affaissement dû aux années.

La surélévation

Hugues HitpoldD’autant plus qu’un poids supplémentaire, bien que négligeable en regard du volume existant, s’est ajouté. En effet, l’espace disponible sur le toit a été utilisé pour créer 4 logements. Il a fallu le faire sans augmenter le poids de l’immeuble afin d’éviter justement les risques d’affaissement.

Monsieur Hugues Hiltpold, l’architecte responsable de ce projet de surélévation qui englobait également deux immeubles voisins donnant sur la rue des Bains, a tenu compte du gabarit existant afin de maximiser l’espace créé : « Comme la surélévation est en retrait par rapport à la façade de l’immeuble, la portée ne se fait pas sur celle-ci mais latéralement, sur les murs perpendiculaires. Cette portée très grande permet d’avoir un plan libre donc plus d’espace pour les baies vitrées. »

L’architecte a fait face à un autre challenge. La surélévation a eu lieu sans qu’un seul locataire n’ait à déménager. Pour ce faire, Monsieur Hiltpold a travaillé avec deux spécialistes des rénovations : Monsieur Patrick Pillet, ingénieur civil, et Monsieur Thomas Büchi, ingénieur bois.

Un système rapide et écologique

Le bureau d’ingénieurs Pillet SA s’est occupé du métal et du béton. Le plancher des nouveaux appartements prend appui sur les murs de refend des immeubles grâce à un cadre métallique.

« La structure devait reposer sur des habitations existantes. Il a fallu mettre en place des poutrelles de support du plancher pour éviter, en cas d’accident, qu’un quelconque matériau ne traverse la dalle » explique Monsieur David Piucci, du bureau d’ingénieurs Pillet. « Les murs porteurs sont dressés sur le plancher et prêts à recevoir le toit. C’est un système rapide et écologique qui ne demande qu’un peu de technique » poursuit-il.

Le bois

Thomas BuchiLe bois a été choisi en raison de son poids et parce qu’il s’inscrit dans une démarche écologique concrète. De plus, c’est un matériau qui améliore la qualité du logement.

Des caissons de plus de dix mètres de long ont formé la charpente. Pour Monsieur Thomas Büchi, c’est très rare: « Il n’est pas fréquent de faire des éléments de toiture de dix mètres de portée sans déformation et sans avoir de fissures dans le galandage en dessous. Cette technique de caissons creux est assez bon marché. De plus, son poids relativement léger a permis la descente des charges sur les murs porteurs sans avoir besoin de les renforcer. Il n’a pas été nécessaire non plus de consolider les fondations du bâtiment pour des raisons de surcharge. »

Le bois se révèle un meilleur isolant que le béton, son coefficient d’isolation correspond d’ailleurs au label Minergie. Il provient des forêts des cantons de Vaud, Fribourg et d’Appenzell, ce qui limite les nuisances provenant de son transport. La construction en bois s’inscrit complètement dans une perspective de développement durable.

La surélévation des immeubles du boulevard d’Yvoy 31-33 est une réussite tant sur les plans architecturaux et techniques qu’écologiques. A tel point que les députés au Grand Conseil, que sont également Messieurs Hugues Hiltpold et Thomas Büchi, s’en sont inspirés pour présenter leur projet de loi sur la surélévation.

Puisse cette réalisation servir d’exemple et en susciter d’autres afin d’aider à résorber la pénurie de logements à Genève !